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Trois jours sans voiture : ce que ça change vraiment

Par · · 6 min de lecture

Partir en week-end sans voiture n'est pas un renoncement écologique héroïque. C'est surtout une contrainte qui reconfigure l'itinéraire — parfois en mieux, souvent en moins souple.

J'ai passé une bonne partie de l'année à faire mes escapades en train et en car, non par conviction au départ, mais parce que je n'avais plus de voiture. Voici ce que ça change concrètement, sans l'enthousiasme obligatoire qu'on lit souvent sur le sujet.

Ce qui s'améliore

Le trajet cesse d'être du temps perdu. C'est le point le plus net : trois heures de train, ce sont trois heures pendant lesquelles on lit, on dort ou on prépare la suite. Trois heures de conduite, ce sont trois heures de conduite.

Deuxième effet, moins attendu : on choisit mieux. Sans voiture, on ne peut pas s'installer à quarante minutes de tout et rayonner. Il faut dormir dans le lieu même, ce qui oblige à en choisir un qui tient debout le soir, une fois les visiteurs repartis. J'ai découvert plusieurs endroits agréables uniquement parce que je ne pouvais pas en sortir.

La contrainte de transport a corrigé un défaut que je ne me connaissais pas : je réservais trop loin, pour payer moins cher.

Ce qui se dégrade

La souplesse, entièrement. Un dernier car à 18 h 40 structure toute la journée du dimanche, et il n'y a aucune négociation possible. J'ai raté ce car une fois — j'y reviens plus bas, ça m'a coûté un budget entier de week-end.

Et le hors-piste devient difficile. Tout ce qui n'est pas desservi disparaît des options, ce qui exclut à peu près tout ce qui est isolé et joli. C'est une vraie perte, inutile de prétendre le contraire.

Le calcul honnête

Sur mes week-ends de cette année, le sans-voiture s'est révélé nettement plus confortable pour les villes moyennes bien desservies, et franchement inadapté dès qu'il s'agissait de littoral ou de moyenne montagne hors saison, où les fréquences s'effondrent.

La règle que j'applique maintenant

Je regarde le trajet retour avant de réserver quoi que ce soit. Pas l'aller — le retour, et plus précisément le dernier départ du dimanche. S'il est avant 17 h, l'escapade perd sa journée du dimanche et je change de destination. Cette seule vérification m'aurait évité la moitié de mes mauvais week-ends.

Portrait de Antoine Ferrand

Contributeur voyage

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